le p'tit creme
Gaston Couté
Gaston Couté
François Béranger
Gaston Couté était fils d'un meunier. Il quitta
l'école, qu'il s'était mis à détester
à l'adolescence, avant le baccalauréat. Il fut alors
commis auxiliaire à la Recette Générale des
impôts d'Orléans, puis travailla pour un journal local, Le
Progrès du Loiret. Il commença à publier ses
poèmes dans des feuilles locales, et à en composer en
patois. Il les fit entendre à une tournée d'artistes
parisiens de passage. Ayant reçu quelques encouragements, il se
décida, en 1898, à monter à Paris. Il avait
dix-huit ans.
Après quelques années de vaches très maigres, il y
obtint un certain succès à réciter ses
poèmes dans les cabarets. Il collabora à la revue La
Bonne chanson de Théodore Botrel. On peut dire qu'il
représentait une version rurale de Jehan-Rictus, lequel l'avait
aidé à ses débuts. Il écrivait
également des chansons d'actualités pour des journaux
anarchistes La Barricade et surtout La Guerre Sociale.
La fin de sa vie allait lui être difficile : la tuberculose,
l'absinthe, la privation (l'approche de la guerre qui favorisait les
chansonniers cocardiers au détriment des anarchistes). Il mourut
vingt-quatre heures après avoir été conduit
à l'hôpital Lariboisière.
« Après sa mort à l'hôpital, derrière
le corbillard que suivaient quelques écrivains amis, le vieux
père de Couté était en tête, vêtu de
sa blouse de meunier, appuyé sur un bâton. Il regarda le
cercueil que l'on recouvrait de terre et s'écria : “T'as
voulu v'nir à Paris. Eh ben, t'y v'la !” » (Michel
Ragon, Histoire de la littérature
prolétarienne)(hélas une légende qui a la vie
dure...) Les poèmes de Gaston Couté ont depuis
régulièrement été mis à l'honneur :
disques et spectacles (Gérard Pierron, Bernard Meulien, Claude
Antonini, Compagnie Grizzli, Compagnie Philibert Tambour, Le P'tit
Crème, Hélène Maurice...) et quelques
interprètes de marque : (Édith Piaf, Bernard Lavilliers),
rééditions, sites web... Certains groupes de musique
contemporaine (rap, électro, techno) et hip-hop comme jazzkor ,
et les 1871 ont aussi repris dans son répertoire .
Voilà encore des gars qui font reluire le Gaston comme un sou
neuf… Ça swingue, ça balance, un peu manouche, un
peu musette. Un beau p'tit n'accordéon, la belle guitare et la
voix de Jean Foulon et les autres derrière, François ,
Bruno, Michel et Cédric, tous derrière, mais bien
présents ! Des musiques à eux, quelques reprises, mais
tellement lointaines des originales, totalement
"digérées". Et puis ces gars généreux
accordent quatre plages de leur CD pour quatre textes dits par Bernard,
celui dont Claude Duneton parle dans son livre "La mort du
français" comme d'un "paysan qui dit Couté comme un
prince"…
LES ELECTEURS : Les conscrits
La paysanne
Les électeurs (texte dit par B. Gainier)
Le petit qui pleure
Le patois de chez nous
Le foin qui presse (texte dit par B. Gainier)
La Julie jolie
Va danser (musique de M. Legay)
Le gas qu'a perdu l'esprit (musique G. Pierron)
Le christ en bois (texte dit par B. Gainier)
En revenant du bal
Le charretier (texte dit par B. Gainier)
Les cailloux (musique G. Pierron) Leurs "Conscrits" sont un peu
manouches, même beaucoup, et on a presque envie de les suivre au
pas, ces cons-là (je parle des conscrits)…
Encore la belle guitare de Jean Foulon sur la "Paysanne", terriblement
actuelle : Et méprisons la gloire immonde Des héros
couverts de lauriers : Ces assassins, ces flibustiers Qui
terrorisèrent le monde !
Une chanson à faire chanter par le public… qui pourrait
bien remplacer les Mangeux d' terre qu'on chante habituellement
à la fin des soirées Couté.
Avec le "Petit qui pleure" ils ont choisi un texte moins connu pour en
faire une jolie ballade mélancolique.
Leur "Patois" de chez eux balance aussi pas mal… et la voix de
Jean Foulon est claire et nette : on n'en perd pas une bouchée,
on entend les textes !
Ils reprennent aussi deux tubs de Gaston, chantés autrefois par
Edith Piaf : la "Julie jolie" et "Va danser". La Julie jolie sur une
musique à eux, Va danser sur la musique de Marcel Legay
chantée par Jean avec sa seule guitare.
Puis le très beau "gas qu'a perdu l'esprit", un des grands
moments de l'album !
Avec "En revenant du bal", autre merveille, très swing,
très rapide… Merde ! C'est beau…
Et puis les "Cailloux", plus classique, moins innovant, mais toujours
très beau... Ils laissent quatre textes à
l'agriculturé de Meung : Les "Electeurs" (qui est le titre de
l'album… bizarre ?), "Le foin qui presse", "Le christ en bois"
et "Le Charretier". De la belle ouvrage de bon paysan ! Bernard dit
Couté, comme il respire…
Fondé en 1992, ce groupe orléanais mêle chant,
mandoline, basse, accordéon, guitare et percussions. Il joue du
blues, du country et du folk, en interprétant le poète
bauceron Gaston Couté.
Animés par la passion de la musique, cinq copains saranais ont
décidé de créer, en 1992, un orchestre associatif:
" Le P'tit Crème ".Jean, "le gaucher", guitariste chanteur,
François, bassiste, Bruno, guitariste joueur de mandoline et
Dominique, percussionniste, se retrouvent à l'époque
autour de Rachel, la chanteuse du groupe, pour interpréter "un
peu de tout", comme ils disent. Mais le groupe a aussi ses
créations, qu'il mêle aux standards folk de la chanson
française.
Un répertoire varié très cosmopolite,
présenté lors des fêtes populaires saranaises et
des villes environnantes-Ils sont alors remarqués pour la
première fois à la fête de la CGT en 1993 par
Claude Antonini, actrice et chanteuse, qui leur offrira la
première partie de son spectacle à la salle de
l'Institut.
" Un souvenir mémorable " selon le groupe, mais aussi un
déclic, puisqu'ils décident, dès lors, de chanter
du Gaston Couté. Le succès ne se fait pas attendre,
malheureusement sans Rachel qui, pour des raisons professionnelles,
doit quitter le groupe.
En bref, une histoire de copains qui se poursuit aujourd'hui par la
création d'un premier CD (disponible à l'adresse
ci-dessus contre un chèque de 105 F à l'ordre du P'tit
Crème). Un album d'une quinzaine de titres, qui reprend avec
émotion, les superbes textes engagés, d'un poète
souvent incompris dans notre région.
Les musiciens du " P'tit Crème " aimeraient bien lui lancer un
autre clin d'œil en interprétant ce répertoire dans
sa ville natale de Meung-sur-Loire.
LA REPUBLIQUE DU CENTRE – 20 JUILLET 1998
Dimanche 15 octobre 2000 – Bibliothèque d'Auxerre
Ils avaient fait ça bien à la bibliothèque
d'Auxerre! Partout sur les murs, sur les vitres et même sur
l'ordinateur qui gère les prêts, l'affiche rouge du P'tit
Crème avec un énorme Gaston buvant son
café… Pas mal ! Ils auraient pu faire de cette
journée du livre une journée Prévert comme tout le
monde. Non ! Couté… Et pourtant ici, il y en a des
clochers. A première vue, c'est pas des anars dans le coin !
D'ailleurs, la bibliothèque municipale ressemble à une
église laïque, mais sans clocher ni cloches à
l'intérieur…
Le spectacle était à 15h30… dans l'auditorium !
Oui, l'auditorium… Si Couté avait su qu'un jour il aurait
sa place dans un auditorium, il ne serait pas monté à
Paris, il serait venu à Auxerre… comme entraîneur
de foot peut-être. Parce que, quand même, il y avait foot
ce jour-là : la Bourgogne allait se taper sur la gueule avec le
Bordelais. Et les affiches du match étaient encore plus grandes
que celles de Couté et puis ils en avaient mis partout ! Gaston
allait avoir la partie difficile !
Et finalement, non ! L'auditorium était plein… Il y avait
au premier rang trois dames d'un âge respectable qui avaient
dû se dire que le P'tit Crème ça devait être
un thé dansant ou un goûter. Dans le fond, habillés
tout en sport avec la casquette de rappeur, étaient assis quatre
petits beurs (je ne savais même pas qu'il y avait une banlieue en
Bourgogne) : Nick Gaston, ça sonne un peu la zone ! "Il a
soupé du louép de su' le tenv' à la
rètte..." Il y avait même le pharmacien d'Auxerre, avec sa
femme et ses deux fils, aussi mon beau-frère, ma
belle-sœur et mes neveux. Bref ! Il était plein comme un
œuf, l'auditorium…
Et en face, les gars du P'tit Crème avec tous leurs instruments.
De gauche à droite, Michel Monnier à
l'accordéon,François Gerbel à la basse,
Cédric Vingerber à la batterie (plutôt
un ensemble de gamelles en cuivre et de poêles à frire),
sur le devant de la scène la guitare et le tabouret de Jean
Foulon,le chanteur, et enfin Bruno Méranger à la guitare
électrique près de la mandoline. Plus loin, dans un coin,
Bernard Gainier, qui avait déserté ses bords de Loire
pour les bords de l'Yonne. Les gars étaient un peu tendus quand
même, pas trop tournés vers la contrepèterie pour
le quart d'heure…
La presse locale, barbichette en bandoulière, fit son
entrée et nous photographia. Deux flashes ! Je me demande
à chaque fois pourquoi la presse locale, toujours
libérée et/ou républicaine, prend des photos des
spectateurs… J'imagine la tronche de mon beau-frère quand
il va se voir dans le journal. Alors, Monsieur écoute du
Couté ? Monsieur ne va pas au football ? Dur à
gérer, tout ça… Moi, je m'en fous : je n'habite
pas là-bas…
Et puis, Hélène de la bibliothèque a introduit
(c'est comme ça qu'on dit ?) le P'tit Crème. Et Bernard
s'est levé, nous a dit qu'il se demandait bien ce qu'il
était venu faire si loin de ses poules et ses canards. Il nous
cita du Dimey !!! Du Dimey qui parlait de Couté :
"J'entend les violons... T'en souviens-tu, Marie?
Va danser...Taisons nous pour mieux les écouter.
Allons rue St Vincent...Je t'aime bien, Marie...
Puis nous remonterons la rue Gaston Couté."
Et nous eûmes pour commencer "La dernière
bouteille"… Je ne le répèterai pas à chaque
fois, mais la prestation fut très bonne, la musique très
belle, avec des adaptations très personnelles (des musiques de
Gérard Pierron ou Marc Robine), mais surout des musiques
originales… et le public fut excellent. Un p'tit coup de jeune
au Gaston, ça ne fait pas d' mal ! Ce fut ensuite "Le gars qu'a
perdu l'esprit". Et là, les p'tits beurs se
levèrent… J'ai eu envie de leur dire :"Restez et
écoutez ! Gaston , c'est le grand père de tous vos Stumy,
MC et compagnie ! C'est un rappeur ! Il se sert de sa langue pour
dénoncer…" François, à la basse, les a
regardés en souriant. Et moi je n'ai rien dit…
Bernard, qui en plus d'être agriculteur et parfois consultant sur
France-Culture, est aussi historien et géographe, nous expliqua
qu'au moment de la Commune les Versaillais avaient été
obligés de réquisitionner des terrains pour pouvoir en
faire des cimetières et ainsi faire face à la demande, et
notamment des terres appelées "champs de navets", qui
arrivés en Beauce étaient devenus le "Champ de
naviots"… D'où le titre de la chanson bien connue…
qui n'est pas le "chant de naviots", comme ertains l'ont cru ! Puis il
nous expliqua – mais là je doute quand même…
- que le Missouri et le Mississipi étaient des affluents des
Mauves, que les champs de blé qu'on voit près
d'Orléans sont en fait des champs de coton et que la version
blues du "Déraillement" était la version d'origine que
Couté aurait chantée ! Pas sûr ?
Pour nous convaincre, il enchaîna avec "Le gars qu'a mal
tourné" et "L'odeur du fumier", s'accompagnant uniquement de son
patois et du sourire narquois qui fleurit sous sa fine moustache de
mousquetaire. C'était parti ! Il avait conquis les trois dames
respectables du premier rang, qui avaient déjà
oublié leur thé dansant…
Les P'tit Crème revinrent pour "La complainte des Terr' Neuvas",
"La Toinon", "L'amour anarchiste" et une petite nouvelle, toute
mignonne et bien faite, "En revenant du bal". Ensuite, Jean, seul
à la guitare, nous fit un très émouvant "Ramasseux
d' morts".
Ils redonnèrent alors la parole au barde gaulois qui se
lança dans "Les Gourgandines". Quelle entreprise ! Près
de cent vers à balancer comme ça… Il faillit
même se planter "au mitan du frayé", mais une des dames
respectables le ramassa en lui soufflant… les quelques mots qui
le firent repartir. Attention, Bernard ! On ne rigole plus : des
spécialistes sont dans la salle !
Et encore des chansons, qui swinguent et balancent, des blues musette :
l'accordéon qui danse, la guitare qui pleure, la mandoline qui
rigole ! Très chouette ! Vous auriez dû venir… J'ai
attendu mon ami du Québec jusqu'à 10 heures du
matin… et puis j'y suis allé sans lui ! Il aurait pu
entendre "Après Vendanges",
"A l'auberge de la route", "Le fondeur de canons", "Sur la grand '
route" et la "La Julie jolie", encore plus jolie que d'habitude, une
nouvelle Julie, pas triste, plutôt java… "La Julie jolie,
tsoin, tsoin !" Pas mal ? Plutôt bien même. Vous auriez
dû venir…
Pour répondre aux demandes de son fan club, les trois
gourgandines du premier rang, Bernard nous dit "Monsieur Imbu" et "Les
conscrits"…
La prochaine fois, on aura droit à une version chantée
des Conscrits, mais elle est encore en préparation : elle
était encore un peu trop jeune, mais en mars elle sera à
point. Et pour finir, une très belle version des "Cailloux" sur
une musique de Gérard Pierron…
Mais… il y a toujours un mais… Dans le public, quelqu'un
aurait aimé entendre autre chose… Non, pas "Les
conscrits", pas "L'idylle des grands gars..." Non ! Autre chose…
Bernard chantant comme Freddy Mercury (il en a déjà la
moustache) "We are the champions" avec l'accent de
Meung-sur-Loire… Mais ce sera pour une autre fois !
Salut ! Vous auriez dû venir… d'autant que Bordeaux a
battu Auxerre...
Père « de tous les Brassens »
Gaston Couté est né à Beaugency dans le Loiret, le
23 septembre 1880, puis habitant dès 1882 à Meung sur
Loire " le méchant bourg de trois mille âmes...". Son
père était meunier au Moulin de Clan, au hameau de
Roudon.
Certificat d'études primaire à 11 ans, puis lycée
Pothier à Orléans, (où il connaîtra Pierre
Dumarchey, futur Pierre Mac Orlan), lycée qu'il quittera
à 17 ans pour travailler à la recette
générale d'Orléans. Mais il ne se sent pas fait
pour cette vie-là !
Dès son plus jeune âge, il est confronté aux
règles, coutumes, traditions et rapports de force d'une
société rurale cramponnée à sa terre et
à ses valeurs ancestrales, au premier desquelles la religion,
fonctionnant sur une organisation sociale et des rapports de classe
quasi féodaux.
Adolescent, il commence à écrire ses premiers
poèmes, dans lesquels il porte un jugement sans complaisance sur
le monde paysan qui l'entoure. Pour s'exprimer, il emploi le patois
beauceron, il célèbre tout ce qui touche la nature avec
ses beautés et ses bienfaits, tout en dénonçant
avec force les riches fermiers qui exploitent les journaliers. Il
fustige également les hypocrisies sociales et les faux bons
sentiments...
1898 : devenu reporter au " Progrès du Loiret ", il publie ses
premiers poèmes dont " Le champ de Naviots ". En Octobre de
cette même année, il monte à Paris : premiers
cabarets Boulevard Rochechouard, puis " L'Ane Rouge " avenue Trudaine
et " Les Noctambules " où il rencontre Jehan Rictus, l'auteur
des " Soliloques du pauvre ". D’autres célèbres
cabarets Montmartrois l’accueilleront, " Les Funambules "," Le
Carillon " etc… Avant de connaître le succès,
l’un de ses premiers cachets artistiques fut pourtant... Un
p’ tit crème !!! Eté 1899 : voyage à pied
avec Maurice Lucas de Paris à Gargilesse (36) pour
répondre à l’invitation de Gabriel Lion et de
Claude Jamet, artistes en ce village... Itinéraire passant par
Orléans, Blois, Cour-Cheverny, Romorantin, Mennetou, Vierzon,
Mehun sur Yèvre, Bourges, St Florent, Issoudun,
Châteauroux et enfin Gargilesse, puis retour à Paris. Au
cours de cette équipée, Couté déclame ses
textes, le soir, tandis que Lucas exécute sur le vif des pastels
qui sont vendus au cours d’une tombola. A Châteauroux, ils
sont accueillis au Pierrot Noir, cabaret renommé à
l’époque, et le texte des Conscrits naîtra
vraisemblablement à Déols, où il provoquera
d’ailleurs quelques incidents, d’après les souvenirs
de Maurice Brimbal, du Pierrot Noir.
1899 -1900 : il n'a pas vingt ans et il écrit ses plus beaux
poèmes dont L'Ecole, Le Christ en bois, Les Gourgandines. Il
prend souvent alors le pseudonyme de Pierre Printemps ou de Gaston
Koutay. 1902 : période de succès dans les cabarets. Il
rencontre notamment Poulbo, Modigliani, Picasso, etc... au " Lapin
Agile ", l’un des plus célèbres cabarets
Montmartrois. 1910 : il collabore aux revues "la Barricade" et "La
Guerre Sociale" avec des chansons d'actualité. 28 Juin 1911 :
décès à l'hôpital Lariboisière, d'une
phtisie galopante
- tuberculose - qui l’emporte en quelques jours. Il avait 31 ans.
En 1916, un "poilu" de la guerre 14-18, jeune professeur de lettres,
Romain Guignard, natif de la région d’Issoudun,
s’efforce de retrouver l’œuvre du Poète, dont
il a découvert les textes, dans les tranchées, dits par
un soldat ! Dès lors, sa vie durant, il n’aura de cesse de
les mieux faire connaître. En 1928 les textes sont
regroupés et édités sous le titre : " La Chanson
d'un Gâs qu'a mal tourné "
1957 : A deux pas du Lapin Agile, à Montmartre, une rue est
inaugurée Rue Gaston Couté. Années 1970 : Vania
ADRIENSSENS, Bernard MEULIEN et Gérard PIERRON ainsi que les
Editions" Le Vent du Ch'min " nous font redécouvrir ce
poète du Terroir. De nombreux interprètes les suivront,
en ces Ch’ mins de Traverse, chacun ayant à cœur de
mieux faire connaître la poésie de Gaston COUTE.
Début de XXIème siècle : C'est plus d'une
quarantaine d'interprètes que compte dorénavant
l'œuvre de Gaston Couté… Dans la lignée des
Vania, Bernard et Gérard, ces interprètes se sont
investis pour faire connaître ou découvrir au grand public
cette poésie, toujours actuelle et vivante, en ce début
de 21ème siècle. Nul doute que l'œuvre
poétique de Gaston Couté a encore de beaux jours devant
elle. Gaston Couté (1880-1911) Il est sûrement parmi tous
les poètes que Gérard Pierron a chanté, celui qui
prend la place la plus importante dans sa carrière de
mélodiste et de chanteur.
Entre 1969 et 1999, c'est plus de trente textes de Gaston Couté
que Gérard a mis en musique et interprète dans ses
spectacles.
Gérard et Gaston Couté
En février mars 1978, Michel Rebourg faisait paraître dans
le quotidien "La République du Centre" une série
d'articles intitulée "Sur les traces de Gaston Couté". En
voici ici deux extraits. Le premier relate sa visite à
Meung-sur-Loire et sa rencontre avec les "amis" de Gaston Couté
et le second rapporte une soirée spectacle avec Gérard
Pierron. "Comment es-tu venu à lire, à interpréter
Gaston Couté ? Gérard Pierron : J'étais à
l'époque à Montmartre (1967) et un copain m'avait
invité à prendre un pot chez lui. On a
écouté un disque réunissant des chansons, des
poésies de " poètes maudits " et parmi celles-ci je
remarquai " Jour de lessive " interprétée par Pierre
Brasseur. Chanson dont je me souvins deux ans après qui me
revenait à l'esprit et qui me donna l'envie de mieux
connaître Couté. J'allai donc faire le tour des
bouquinistes en demandant à l'un, à l'autre, s'il ne
connaissait pas l'auteur de ce poème. Quelques-uns me
répondirent Jacques Prévert (effectivement, il y a un
texte de Prévert qui porte ce titre). Et enfin on me
répondit : " cela doit être Prévert ou Couté
; en effet je connais bien, j'ai un livre sur sa vie et je vends
également des volumes du " Gâs qu'a mal tourné".
C'était Louis Lanoizelée. Des mélodies se
bousculaient ma tète, j'en montre deux à Léonardi
et Monique Morelli, interprète de Couté, puis le silence
pendant cinq ans. En 1990, l'éditeur Christian Pirot a
publié "Gaston Couté, les mangeux d' terre" avec un
avant-propos de Gérard Pierron :
Aujourd'hui, nous avons occupé - mon ami Édouard Dupain
et moi - des positions élevées. Nous avons
travaillé sur le toit. Maintenant, nous nous réchaufTons
près de la cheminée où se consument chevrons
pourris et lattes. Le charpentier couvreur lit à haute voix un
poème de Gaston Couté avec son accent morvandiau. Avec
lui " L'école " devient " L'instruisou". J'adore.
La radio parle de l'assassinat de Malik. De ce trop de cynisme, on n'en
peut plus. Nous avons compris depuis belle lurette que les chants
révolutionnaires ne marchent qu'à trois cents
mètres par seconde. Et le chemin est long à parcourir,
Édouard Dupain semble satisfait de sa lecture. Il n'est pas
homme à s'emballer. L'emploi des superlatifs, c'est pas son
truc. Il se gratte le dos avec l'extrémité de son
mètre à ruban et dit tout simplement : " C'est un fort".
" Gaston, tu m'as fait gagner ma vie ces dernières
années. Grâce à toi j'ai parcouru toute la France
profonde et j'ai trouvé bien du chang'ment depuis ton
passage."
Mais tu sais, en 1989, il y a encore des p'tits vins qui se laissent
boire... Tu aimeras celui de ton cadet de deux ans, Eugène
Bizeau, le chansonnier de Véretz. C'est un p'tit blanc des
côtes du Cher, très bien vers onze heures du matin ".
Bientôt l'Océane annonce de ses grands panneaux " Viaduc
des Mauves ". Nous sommes en Beauce, à 136 kilomètres de
Paris, un peu avant Meung-sur-Loire. Le moulin de Clan où Gaston
Couté passa son enfance avant 1900 est bien là debout...
tout frais recrépi. Ami automobiliste, quand tu auras franchi
les Mauves, ces petits ruisseaux aux bords desquels flânait un
gamin-poète, lève ton chapeau ! Le chemin que tu viens de
faire à 130 à l'heure, il l'a fait à pied." Le
P'tit Crème est un groupe musical orléanais fondé
en 1992 et interprétant de la chanson française,
notamment sur des textes du poète beauceron Gaston Couté.
Le P'tit Crème est un groupe musical orléanais
fondé en 1992 et interprétant de la chanson
française, notamment sur des textes du poète beauceron
Gaston Couté.
Une belle illustration de l’œuvre de Gaston Couté.
Excepté deux morceaux signés de Gérard Pierron
(« Les cailloux », « Le gas qu’a perdu
l’esprit »), le reste des musiques est signé de ce
groupe et sonne avec justesse, entre guitares folks et
accordéon. A noter la présence sur ce disque de Bernard
Gainier, paysan beauceron, pour quelques textes dits avec truculence
dans le patois de ce terroir (« Les électeurs »,
« Le christ en bois »…). Pour la modernité
sans cesse retrouvée de Gaston Couté ! Le P'tit
Crème
chante
Gaston Couté
Le nouveau CD du P'tit Crème " Les électeurs "
disponible depuis le 22 Mars 2002
Gaston Couté (1880-1911)
Qu'est-ce qui peut bien valoir à Gaston Couté mort en
1911 à l'age de 31 ans, une audience que bien d'autres
poètes ont perdue?...
La réponse est dans les textes. Lisez quelques uns d'entre eux
qui se trouvent sur une autre page de ce site et comparez deux
époques. Jugez s'il y a quelques chose de changé
fondamentalement dans la société. N'est-elle pas sur ses
bases, en 1997, telle qu'elle était en 1900?
L'injustice, l'hypocrisie, la veulerie, la couardise, le nationalisme,
la connerie..., autant de maux qui nous sont familiers et d'attitudes
qui nous habitent parfois («parfois» pour ménager
les susceptibilités).
Le P'tit Crème 2002
1990, Bruno, François et Jean, 3 copains des environs
d'Orléans, passionnés de musique décident de
consacrer un peu de leur temps à mettre en musique certains des
poèmes de Gaston Couté. Au fil du temps de nombreux amis
de Gaston Couté les rejoignirent.
On attend beaucoup de monde samedi 22 et dimanche 23 septembre pour le
deuxième festival consacré à Gaston Couté,
chansonnier montmartrois, organisé par la municipalité de
Meung-sur-Loire, ville où il a vécu toute sa
jeunesse...Tout un programme est proposé autour du « gars
qu’a mal tourné », une nouvelle exposition, en place
jusqu’au 30 septembre, en plus de la permanente, au musée
de « la Monnaye », salle Eric Doligé.
Charlène Gilbert, la conservatrice, y a recueilli plus de 250
documents, panneaux de l’éditeur de l’époque,
textes et manuscrits, journaux, cartes postales, photos. C’est le
seul musée français consacré à ce
poète de la terre, né à Beaugency en 1880 et mort
à 30 ans, qui a écrit plus de 300 textes, parfois
très « libertaires ». Samedi à 16 h30,
projection d’un film, au théâtre de « La
Fabrique » , « La belle époque de Gaston
Couté », réalisé par Philippe Pilard,(il est
conseillé de réserver rapidement), suivi par une
soirée Cabaret de 19h à …2h du matin ! Le tout
sous la houlette de Claude Antonini avec 18 interprètes de
Couté, à la salle des fêtes. Dimanche est
prévue une scène ouverte, animée par Vania Adrian
Sens et son orgue de barbarie, au marché, place du Martroi.
Chacun pourra y interpréter les textes de son choix ! Un concert
d’1h 30 environ, lui succèdera, à 15 h, cette fois
avec le groupe saranais « Le P’tit Crème », au
théatre « La Fabrique ». Rendez-vous à Meung,
pour fredonner les airs de la belle époque de Couté !
A.P. Film 3 €, soirée cabaret 15 € (tarif
réduit 10
€) et concert « le P’tit Crème » à
10€. Réservations au 02 38 44 32 28 à l’Office
du tourisme de Meung-sur- Loire. On a coutume de représenter
Gaston Couté en « poète paysan », c'est un
raccourci facile. Il n'est sans doute pas plus paysan que vigneron, il
n'a pas davantage touché au manchon de la charrue qu'au
sécateur ! Mais il a su peindre avec talent les gens de la
campagne, les petits comme les gros, les pauvres et les puissants, les
gens de la moisson comme ceux de la vendange.
Cependant, à la lecture de son oeuvre, on a le sentiment que,
sur son chemin de traîneux, la vigne et le vin l'accompagnent de
bien plus près que la terre et le blé. A la rudesse des
mangeux d'terre , Couté préfèrera souvent la
chimère des amis de la vigne. Pour lutter contre la faim qui le
taraude, il privilégiera le jus de la treille : le blé
reste pour lui synonyme de cupidité et d'avarice, de «
l'avoir » qu'on ne partage pas, alors que le vin saura lui couper
la soif, lui permettra de voir la vie meilleure, lui fera croire au
« partage » sans lendemain et lui donnera l'illusion
d'être à sa place dans une époque pas aussi belle
qu'on le dit. Avec le vin, il essaiera vainement d'aphysquer ses
idé's rouges, ses idé's roug's et nouer's qui bougent
dans sa caboch' de gueux et d' fou, de vouer tout en rose et crouer qu'
si 'l a mal vu les choses c'est p'têt' pas qu'il était pas
saoul. Le vin sera le symbole de la fête, qui permet l'espace
d'une cuite d'effacer la réalité. Et s'il reconnaît
qu'il n'a pas l' drouet au pain, il réclame le drouet à
la chimère, "la chimèr' douc' des saoulés d'vin".
Tout au long de son bref parcours, le thème du vin et de la
vigne ne le lâchera pas et, même dans la dernière
année de sa vie, quand il confiera à la Guerre Sociale sa
chanson d'actualité hebdomadaire, il mettra en scène la
révolte des vignerons marnais de 1911, révolte des petits
vignerons affamés par le négoce et les gros manipulants
qui importent du vin du sud pour fabriquer le champagne : des maisons
de champagne seront mises à sac dans la vallée de la
Marne, des vignes seront brûlées et l'armée
interviendra à Épernay et dans ses environs. Couté
en fera plusieurs textes d'actualité, dont le beau et violent
« Ces choses-là » : Au sac des celliers la foule
s'acharne / Brisant les bouteill's, crevant les tonneaux ; / Les
ruisseaux débord'nt de flots de champagne / Et les vign's avec
leurs grands échalas / Sont comm' des bûchers au coeur des
campagnes…
Couté a disparu depuis bientôt un siècle et
pourtant. à Meung sur Loire, là où il a grandi,
pousse encore une vigne, la dernière du coin. Et cette vigne
donne un petit gris meunier dont la principale qualité est de
mettre des moigneaux dans les coeurs. Celui qui la soigne, c'est
Bernard Gainier, un gars qui, d'après ce que certains racontent,
dit Couté « comme un prince ». Mais c'est faux,
Bernard Gainier, comme le rappelle Jacques Lambour, ne dit pas
Couté, il « parle Couté ». Car le
Couté est une langue qui se parle avec le coeur, qu'on apprend
avec le coeur et qu'on comprend à Montmartre comme sur le bord
des Mauves. Suffit d'avoir du cour.
Et dans l'entourage de ce vigneron peu commun se trouve une dame, la
« Grande Claude », comme il dit, la « mal
tournée », comme elle dit. Cette dame, qui depuis toujours
met en musique et interprète les poètes « pas assez
connus », c'est Claude Antonini. De sa voix grave, chaude et
rebelle, elle en a chanté des inconnus, elle en a
déniché des poésies rares, après Paol
Keineg , Jean Dieudonné Garçon ,sans oublier Armand
Olivennes, toujours en recherche, elle rencontre au cabaret du
Pétrin, Vania Adriensens, apportant dans ses valises parisiennes
sa passion pour Gaston Couté . C'est alors qu' a commencé
pour elle une saga qui n'est pas près de se tarir avec cette
« Cuvée du Cigalier »,
elle revient encore à Couté. Divorce impossible ! Pour
accompagner ces deux-là, des musiciens, des amis, des compagnons
de chemin escarpé, Thierry Brossard et Vincent Viala, deux
louches mélodistes, Jean Foulon, François Gerbel et
Michel Monié, trois p'tits crèmes un peu blueseux ! Ils
savent mettre sur les mots de Couté les notes qu'il faut, ils
savent faire vivre la musique déjà présente dans
les textes du poète, ils savent mettre leur swing, leur rythme
et leur talent au service de son ouvre.
Bref, cette « Cuvée du Cigalier » a su prendre le
soleil de l'été et s'annonce des meilleures. A consommer
sans modération. C.L. Juillet 2005.
Pour obtenir le CD s'adresser à la Compagnie d´Ariane (21
rue Aignan-Thomas Desfriches 45000 Orléans 02 38 86 66 91 et
http://www.compagniedariane.com le courriel suivant :
(ariane@compagniedariane.com)
23 septembre 1880 : Naissance à BEAUGENCY (Loiret). Son
père était meunier au Moulin des Murs. Détruit
lors du bombardement de 44, ce moulin a fait place à un square
qui porte précisément le nom du poète. La famille
Couté aurait déménagé de Beaugency à
Saint-Pryvé Saint-Mesmin (45) avant de venir à Meung
à la fin de l’année 1884 dans une maison
entourée de ses vignes. 1889 : Ce ne serait qu’en 1889 que
Gaston Couté, sa sœur et ses parents s’installeront
au moulin de Clan, sur un bras de la rivère "Les Mauves ",
à 4 kilomètres de MEUNG-SUR-LOIRE. C'est alors la ville
de la minoterie : tout le grain beauceron vient s'y moudre. C'est aussi
la cité des poètes : Chopinel, dit Jehan de Meung, y
écrivit la seconde partie du Roman de la Rose et François
Villon termina dans les cachots du château son Grand Testament.
Deux poètes révoltés animés par la
même soif de justice. Gaston Couté y fut à bonne
école. A propos d'école, Gaston fréquente
l'école communale de La Nivelle (village des faubourgs de
Meung-sur-Loire), puis le Cours complémentaire de Meung et,
après son échec quasi volontaire au Brevet
élémentaire, il devient interne au Lycée Pothier
d'Orléans en septembre 85. Dans une classe supérieure
à la sienne, l'élève Couté fait
connaissance d'un certain Pierre Dumarchay ; bien des années
plus tard, il retrouvera ce camarade à Montmartre sous le
pseudonyme de Pierre Mac Orlan.
1896 : Premier récit de Couté édité dans la
" Meunerie Française ". A partir d'avril 97, Couté (sous
le pseudonyme de Gaston Koutay), donne des textes à la " Revue
littéraire et sténographique du Loiret ". En
décembre, il quitte le lycée.
1898 : Il est commis auxiliaire à la Recette
Générale d'Orléans, puis muté à la
Perception d'INGRÉ (prés d'Orléans). Il devient
reporter au " Progrès du Loiret "etse met à écrire
des poèmes. Des poèmes! A-t-on idée?. Lors d'une
soirée chansonnière, l'animateur de la tournée
invite les spectateurs à monter sur les tréteaux. Gaston
Couté n'hésite pas : il escalade les planches et
déclame "Le Champ d'naviots". Le directeur de la troupe
Castello, l'impresario dirait-on aujourd'hui, n'en croit pas ses
oreilles ! Voilà à coup sûr un chansonnier dans la
pure tradition montmartroise ! Ce compliment ne tombe pas dans
l'oreille d'un sourd...
Le 31 octobre 1898 : Couté arrive à PARIS, à
l'âge de dix-huit ans. Il dirige aussitôt ses pas vers
cette fameuse Butte Montmartre. Il débute au cabaret " Al
Tartaine" (Bd de Rochechouart). Le succès du petit Beauceron ne
se fait pas attendre. De tous les quartiers de la capitale, on vient
écouter le cri de ce " poète en blouse ", de ce paysan
qui parle un patois inhabituel aux images si crues et si justes.
Septembre 1899 : voyage avec Maurice Lucas vers GARGILESSE en passant
par CHATEAUROUX.
1900 : Conseil de révision : COUTE est ajourné. Il sera
plus tard réformé définitivement.
1902-1907 : son nom sinscrit bientôt en gros caractères
sur les affiches de " la Nouvelle Athènes", de " l'Ane rouge",
des "Funambules", du "Lapin agile", du "Conservatoire", du "Carillon",
des "Quat'z arts", du "Pacha noir", de " Gringoire "... Il devient
même, pour quelques mois, co-directeur du cabaret " La Truie qui
file " avec Dumestre et Dominus ! D'emblée, Gaston Couté
devient une des figures les plus pittoresques et les plus
sincères de la Butte !
Hélas ! Le poète préfère souvent les tables
de bistrots aux scènes qui le réclament : peu à
peu, les portes des cabarets se ferment. Pour ne rien arranger, les
esprits changent. "Les grenouilles de bénitier fêtardes,
écrivait André Sauger veulent bien écouter des
plaisanteries égrillardes, mais elles ne prisent guère ce
genre de propos et encore moins ceux qui, comme Gaston Couté,
mettent leur plume au service de la vérité et de la
liberté de l'esprit. Ils n'aiment point, ceux-là, qu'un
poète se permette de confesser les joies et les douleurs de la
multitude." Coutése retrouve fréquemment sans le sou, sur
le pavé. Ce sont alors les privations, les cachets de
misère, les meublés glacés et les maigres
cafés crèmes. C'est aussi l'absinthe, car Couté
s'adonne à la boisson et sa santé fragile
s'altère.
Conscient de son état, il abandonne parfois la Butte et,
à pied, en compagnie de quelques complices, ses amis Tony Taveau
et Pierre Mac Orlan, il revient passer l'été à
ROUDON, chez la mère VITRY, à qui il loue un
bâtiment vite baptisé "La Turne".
1910 : Atteint de tuberculose, Couté s'affaiblit peu à
peu malgré les efforts de ses amis qui font tout pour lui
procurer quelque argent, afin qu'il se soigne mieux. Gustave
Hervé l'engage dans son journal anarchiste "La Guerre sociale"
et lui commande, moyennant un salaire confortable, une chanson par
semaine. "Écrites sur des sujets d'actualité, raconte
Louis Lanoizelée, ces chansons pouvaient se chanter sur des airs
connus. Bâclées à la dernière heure, elles
étaient trop violentes et dépassaient ainsi le but
qu'elles voulaient atteindre ! " COUTÉ est poursuivi pour
outrages à la Magistrature, preuve que les personnages
visés ne se sentent guère à l'aise ! En
traînant Couté devant les tribunaux, les autorités
penseront impressionner et museler l'audacieux dont les chansons
agissaient comme un véritable ferment révolutionnaire.
Mais c'est peine perdue car au terme du procès, le
président s'entend dire par l'avocat : " Vous venez de condamner
un mort ! Gaston Couté n'est plus. "
Il s'était éteint le 28 juin 1911, à
l'Hôpital Lariboisière après avoir tenté un
ultime rétablissement dans les cabarets de BRUXELLES. Comme tant
d'autres poètes maudits, Gaston Couté est mort
d'épuisement, d'incompréhension et d'alcoolisation
à l'âge de 31 ans ! Le 1er juillet, il est inhumé
dans le cimetière de MEUNG-SUR-LOIRE. Alain René GEORGES, Magicien ventriloque, vous propose
l'animation de votre soirée avec un spectacle de Gaston Couté
ou de magie.Le P'tit Créme, P'tit Crème, Gaston Couté, Ptit creme.