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Discographie

 


 

 
Merci à Christian Lassalle pour le texte (http://gastoncoute.free.fr)

Demandez-lui comment il a connu Couté ou si il a toujours connu Couté, il vous dira peut-être :

" Ma mère connaissait le "Champ d’ naviots". Certains poèmes de Couté, elle les connaissait, oui ! Mais c’était tout à fait accidentel parce qu’elle avait un cousin germain qui était pâtissier à Paris. Il était un peu plus vieux qu’elle, il était pâtissier à Paris vers 1900 - 1910 et, comme il gagnait bien sa vie, se permettait, quand il avait quatre sous, d’aller les dépenser à Montmartre, parce qu’il y avait un gars de Meung qui se produisait sur scène et qui récitait des poèmes en patois...

Il y avait aussi un ancien tailleur de Meung-sur-Loire qui était dans le calicot à Paris. Etant donné qu’il étaient tous les trois de Meung ils faisaient des foires épouvantables. Quand il revenait voir ses oncles à la campagne, plein ses poches, il avait des poèmes de Couté ronéotypés et les gamines fouillaient dans les poches au grand Joseph, ma mère et sa sœur.. Elles lisaient ça en cachette, parce que si leur mère avait su ça ç’aurait été un véritable scandale. Mais il n’empêche qu’elle a connu certains poèmes de Couté du vivant de Couté. Elle avait dix ou douze ans à l’époque... La mère quand elle tombait dessus elle foutait ça au feu, ça sentait le soufre, c’était épouvantable !

Le maître à l’école nous avait appris "Les oies inquiètes"..."Ce n’est pas pour faire un calembour / Mais les oies ont la chair de poule..." C’est tout ce que j’ai retenu, mais pourtant je l’ai appris, je l’ai su par cœur... Il était très très embêté, parce qu’il y avait un mot de patois dans le poème : les "d’vanquières". Mais enfin il pensait qu’il aurait pas d’ennui avec l’inspecteur si toutefois il tombait là-dessus... parce qu’à l’époque c’était quand même relativement surveillé. A présent à l’école de la Nivelle, les gamins, ils ont appris et chanté "Grand-mère Gatiau"... sans problème. J’ai dit à la maîtresse une fois : " Tu sais ; tu vas te retrouver à balayer dans la cour à faire apprendre ça aux gosses." Elle a dit : "Ça craint rien, ça a grand besoin d’être balayé, la cour ! " (tiré de l’émission de Claude Duneton diffusée sur France-Culture le 8 octobre 1992 "Une œuvre, une vie, Gaston Couté")

Si vous lui demandez si la langue de Couté est différente de ce qui se parle aujourd’hui à Meung,il vous dira sans doute :

" A Meung, personne ne parle plus le patois.Y a certains mots qu’on emploie peut-être encore entre nous, mais qu’on change quand on s’adresse à des gens qui habitent la ville. (sourire ironique) ... Il y a des mots de Couté qui existent encore. Surtout au niveau de la conjugaison des verbes, par exemple. Escamoter la deuxième personne du pluriel "Nous" pour mettre "Je" à la place, c’est courant, ça ! J’avons pas chaud, j’avons chaud ou... j’avons soif (re-sourire ironique) ! Ça, ça revient assez souvent dans la conversation ! " (toujours tiré de la même émission).

Pour ce qui est du vocabulaire, il est plutôt à son affaire, comme dans le Champ d’ naviots :" Hottezieau ? Alors là, on entre plutôt dans le vocabulaire technique. C’est vraiment le Couté patoisant, ça. Le hottezieau, c’était une hotte en osier qui servait à la vendange pour transporter le raisin, mais dont les vignerons se servaient pratiquement toute l’année pour transporter leur matériel : leur bezouet, qui est une pioche qui servait à toutes les façons, parce qu’à l’époque tout se faisait à la main dans les vignes, et puis le casse-croûte, parce que les vignes étaient assez éloignées et qu’on ne revenait pas manger le midi, et... la bouteille... évidemment ! (Eclats de rire). Ça allait de soi. Dans le val de Loire, il y avait quand même une tradition du bien boire. Bien manger ? Non, les gens vivaient pauvrement, mais bien boire : on n’a jamais été sevrés de vin. Ç’aurait été quand même un monde pour des vignerons de boire de l’eau... Guérouette ? C’est un coin de terrain qui est pierreux, en pierre calcaire de Beauce. C’est des terres qui sont relativement chaudes, mais par contre brûlantes si il fait sec... des mauvaises terres. "Et si vous insistez, il finira par lâcher :

" Les conditions de vie en 1900 n’incitaient guère à la gaieté dans le milieu où Couté vivait. C’est une époque qu’on a baptisée "La Belle Epoque" : c’était la belle époque pour une minorité de bourgeois qui vivaient avec les sous des autres. (Silence) "


Bernard Gainier

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